Je ne suis pas sûre que l’on soit toutes des guenons

Principe du coup de clavier ICI

Réaction postée à chaud le dimanche 17 novembre à 21h18 sur facebook et adaptée ici.

On peut se réjouir de voir une solidarité croissante envers Mme la Ministre et Garde des Sceaux Taubira (France) suite aux insultes racistes bestialisantes et bananières (sans ignorer que certains soutiens sont louches, qu’il a fallu que cela touche une personnalité publique influente pour qu’on en parle enfin largement, et qu’il y a de nombreuses critiques quant à certaines de ses positions/non-positions), malgré le silence assourdissant de beaucoup. Mais je dois avouer que mon taux d’énervement monte en flèche quand il y a récupération des évènements pour aboutir sur la diminution et/ou l’invisibilisation de la dimension raciste, qui me semble quand même évidente, de cette affaire. La colère est d’autant plus forte lorsqu’il s’agit de personnes se disant féministes (se disant dans son camp donc).

(Je suis pas contente donc ça risque de ne pas toujours être très lisible, compréhensible ou pédagogique. Je vais par contre essayer de me contrôler sur le niveau de langage et pas trop foirer l’orthographe (pardon).)

Voici ici un exemple typique de conversation qu’on peut lire sur la toile. Juste un exemple banal de plus devant lequel je ne peux pas me taire davantage. (Les propos dénoncés sont ceux de féministes qui ne sont pas inconnues de la toile pour beaucoup)

invisibilisation raciste Taubira Total
(Note: les termes « sexxisme » et « sexxiste » sont utilisés pour exclure les trans (« XX »))

On minimise le caractère raciste sans vraiment le nier dans un premier temps. On rappelle que lutter contre ce type d’incidents fait partie la lutte pour des femmes. Ensuite, on ajoute donc que la lutte la plus pertinente et prioritaire et la lutte féministe (anti-intersectionnelle et non-inclusive bien sûr, entendons-nous bien). En tant que féministe, la lutte féministe doit toujours être prioritaire et plus visible que les autres gigotements. Ensuite on récupère donc. Oui on s’approprie l’injure. Etre traité de guenon, femelle du singe, est une attaque purement ou d’abord sexiste et c’est sur cette base qu’on doit développer la solidarité. On argumente en disant que les femmes considérées comme n’étant plus assez jeunes sont aussi traitées de guenons et de sous-développées (j’avoue ne pas du tout être familière avec ces pratiques qui semblent évidentes pour d’autres, mon jeune âge doit y être pour quelque chose, je ne les nie pas par conséquent) et bien sûr l’assimilation à la « complexion » de la personne visée n’arrange pas les choses. Comprenez bien là que la dimension raciste et colonialiste est un accessoire qui rend le tout juste un peu plus moche.

On a beau réexpliquer à l’interlocutrice que l’image du singe et de la banane est liée à une histoire coloniale (qu’on tente toujours d’évacuer à l’heure actuelle) rien n’y fait. On peut même la jouer démocratique en insistant à la fois sur la dimension raciste et sur la dimension sexiste de ces évènements en soulignant donc le caractère intersectionnel de l’affaire… Oh par toutes les Blanches-Neiges (ok, je suis pas contente), le mot qu’il ne fallait pas sortir est sorti. Non mais où va-t-on. Le fourre-tout intersectionnel n’est en rien adapté à la situation voyons. Les problèmes coloniaux et post-coloniaux c’est une autre affaire. On ne va quand même pas vous laisser tout mélanger.

Personnellement, ce n’est pas vraiment le genre de solidarité, sororité que j’attends. J’en ai marre d’entendre tous ces discours d’invisibilisation des « micro-identités » et « micro-politiques » qui diviseraient. Faut-il encore rappeler que la division vient surtout de la non-inclusion. Qu’il est là l’échec de la sororité qu’on nous tant a vantée ? Pourquoi tombe-t-on encore sur ce genre de propos ?

Pourquoi le racisme n’est plus tellement un souci quand il frappe des hommes ? Et cette idée comme quoi, en gros, l’homme noir est plus sexiste que l’homme blanc, que les black féministes se sont lancées dans l’outil qu’est l’intersectionnalité qui peut être parfois intéressant mais pas bien utile étant donné qu’elles n’auraient pas réussi à dompter leur hommes (noirs) etc. Cette invalidation permanente me donne la nausée. Mais bon, comme elles semblent le croire, si on est féministe, on ne peut d’office pas être raciste. Faut juste que chacune reste à sa place.

Faut-il encore rappeler que le féminisme se présente « naturellement » comme allant de soi et étant LA lutte pertinente menant à l’égalité pour beaucoup de féministes blanches, valides, cis, hétérosexuelles, de classe moyenne/supérieure, minces etc. car il combat et vise la suppression de l’oppression sexiste patriarcale. Pour certaines d’entre elles (CERTAINES MAIS TROP !), le féminisme est donc LA lutte qui abolira toute oppression et libérera toutes les femmes. Mais quand on ne fait pas partie de ce groupe, on sait bien souvent que ce n’est pas suffisant. On sait que si on ne fait pas partie de cette stricte sélection, on est d’autant plus la cible de violences sous multiples formes car on accumule les marginalisations. Ces féministes ont une notion très fermées et exclusive du-des féminisme-s.

Faut-il encore expliquer que le racisme anti-noir nous frappe tou-te-s ? Il peut s’exprimer de différentes façons mais on n’y échappe pas. Faut-il organiser des sorties dans les stades de foot ? Faut-il prévoir des immersions dans le bus pour juger de la pertinence de tout cela (mon petit frère sera votre guide) ? Faut-il vraiment (vraiment!) expliquer que l’insulte « guenon » est la version exclusivement féminine des insultes « singe » et « macaque » (bah oui, il n’y a pas d’homme noir traité de « guenon », surprise de la grammaire !) et/mais quelle ne perd donc rien de sa dimension raciste et coloniale. Faut-il rappeler la déshumanisation coloniale et raciste liée à tout l’imaginaire du singe et de la banane (+Banania etc.) ? D’ailleurs, Mme Taubira, première concernée, fait clairement et évidemment le lien avec les insultes « macaques », « singe » et « gorille » qu’ont pu connaître des figures publiques telles que Césaire, Maran etc. avant elle. Est-ce que cela signifie qu’elles soutiennent Taubira que lorsqu’elle est traitée de guenon mais pas lorsqu’elle est traitée de singe ou de macaque ? S’intéressent-elles à la violence à son encontre uniquement quand l’insulte est exprimée au féminin ? Pour reprendre l’article posté en début de discussion, on y dénonce la une de Minute qui titre « Maligne comme un singe, Taubira retrouve la banane ». Comment peut-on passer à côté de l’association raciste évidente Noir·e-singe-banane ?
Elles n’auront jamais à craindre tout cela, donc ça ne les concerne pas. L’insulte « guenon » est évidemment, fatalement, véridiquement et exclusivement sexiste, et rien d’autre vu que c’est la seule chose dont elles se sentent concernées. Peu importe le contexte. Ce n’est pas une femme noire qui a été insultée, c’est une femme tout court.

Faut-il vraiment que l’on tombe encore dans la hiérarchisation des luttes ? Ne peut-on pas voir qu’elles se croisent en nombreux points ? => INTERSECTIONNALITE ?? Comment faire comprendre qu’il ne s’agit pas d’une mode mais du concret de notre quotidien ou de celui d’autres ?

Quand va-t-on cesser de nous expliquer qu’on n’a pas saisi le vrai racisme, que nos propos et émotions se basent sur des thèses inadaptées, qu’on va nous expliquer parce qu’on ne comprend bien sûr pas bien nos propres vécus ni les dispositions structurelles qui en disent beaucoup ?

On ne peut pas nous sectionner et décider quelle part de nous, de notre identité, est pertinente. On ne peut pas être solidaire d’une personne en se désolidarisant des dimensions de celle-ci qui ne nous intéresse pas. Mais certaines personnes de cette sélection continuent à penser que demander plus d’inclusion, de prise de conscience, d’intersectionnalité est une perte d’énergie pour LEUR mouvement, qu’il le divise, qu’il s’agit de diversion nocive pour la vraie lutte qui est en fait la seule dont elles se sentent concernées. Qu’on ne nous parle pas de sororité alors mais de club fermé. Un club qui se réapproprie des violences dont il n’est pas directement victime, déguise cette réappropriation en solidarité/sororité et fait taire les personnes premièrement visées et invisibilise les dimensions qui ne le concernent pas. Un club qui ne se remet jamais en question. Les pratiques de ces féministes-là (celles-là!) sont bien trop audibles/lisibles.

Le féminisme dont j’ai besoin ? C’est celui qui est intersectionnel et inclusif pour qu’on puisse avancer ensemble. Pour ne pas avoir l’impression de se faire avoir, d’être dénigrée, d’être instrumentalisée. Et ça, ce n’est sûrement pas une diversion.

Ce qui divise c’est l’exclusion, pas l’inclusion.
Ce qui divise c’est l’exclusion, pas l’inclusion.
Ce qui divise c’est l’exclusion, pas l’inclusion.

(Voici donc un exemple typique parmi d’autres. Dans le même registre, on peut aussi voir l’évacuation de l’homophobie et l’affirmation que l’hétérosexisme est une pure invention. On peut également lire ce qu’est une bonne lesbienne (celle qu’on veut bien défendre, c’est-à-dire celle qui ne s’allie sûrement pas à des phallocrates sous prétextes d’alliance contre l’hétérosexisme, vu que ça n’existe pas tout comme la lesbophobie, mais qui comprend qu’elle doit rester dans la ligne de LEUR féminisme -> critique de de notre agenda politique lesbien), comment doivent se sentir les Noires européennes par rapport à la couleur de leur peau etc.)

***

Pour une vraie solidarité, je vous propose aussi de lire
· ces articles de Ms. Dreydful : « Ceci est le Féminisme™ » et « Féminisme et Antiracisme, ou comment articuler une fausse hiérarchie »
· cet article de Crêpe Georgette : « La dépolitisation du racisme »
· cet article de Pierre Tevanian : « La question blanche »
· cet article avec Pascal Blanchard : « La banane est une icône très efficace »

(Il y a malheureusement une suite à tout ceci… Page suivante)

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24 réflexions sur “Je ne suis pas sûre que l’on soit toutes des guenons”

  1. Salut Po,

    Je compatis pour la violence de ce thread. Encore des féministes blanches obtuses et bouchées qui rêvassent d’un patriarcat uniforme…C’est tellement ridicule que c’est presque risible, mais toujours énervant. Courage ^_^

  2. Qui l’eût cru ?

    Elles veulent nier ou minorer la dimension raciste du terme « guenon » avec pour seul argument que les hommes ne sont pas traités de « guenon » ?? Elles sont bêtes ou elles le font exprès ??

    Les hommes ne sont pas traités de guenon parce que guenon c’est le FEMININ de « singe ». Les hommes sont donc traités de SINGE et les seuls à l’être sont les HOMMES NOIRS.

    C’est ouf d’avoir à le dire ?

    Elles ne sont pas au courant ces personnes que Lilian Thuram et autres footballeurs pros se sont pris des bananes dans la gueule, et ont aussi entendu des foules imitant des cris de singe dès qu’ils ont la balle au pied ?

    Non mais vraiment les féministes blanches m’épatent : leur bêtise raciste est un puit sans fond… !

    1. D’une féministe blanche: merci pour cet article. Et pour le commentaire auquel je réponds. Je subis au quotidien d’autres stigmates, mais jamais je n’ai compris ni ne comprendrai les injures racistes en France n’en étant pas victime. Bien sur ca me révolte. Mais je ne peux pas en ressentir les effets. Grace a votre article j’essaie de comprendre ce que vous ressentez sans bien sur que jamais cela ne se puisse. Malgré tout je vous suis solidaire et serai derrière vous a chaque combat!

  3. Bien que « féministe blanche », j’ai déjà eu l’occasion de m’arracher virtuellement les cheveux en lisant certains commentaires de certaines personnes, dont je reconnais bien le style…
    D’ailleurs (ouais, autant balancer), voici des commentaires qui avaient été écrits sur Mrs Dreydful (à propos de son article sur le racisme dans le féminisme radical), par une certaine passionnée des féminicides dont vous devinerez sans nul doute l’identité…

    « le texte de cette afroaméricaine francophone (?) lyonnaise utilise pour t’insulter et calomnier (autant que sisyphe) utilise un seul procédé de troncature et finit sur le morceau de phrase ; rappelons que les citations décontextualisées et tronquées sont des malhonnêtetés intellectuelles et rend invalide toute sa gesticulation- u fond c’est à elle qu’elle se fait du mal, elle montre toute sa superficialité en lecture et analyse-
    les petites filles excisées et mariées n’en ont rien à fiche de l’intersectionalisme ; même que c’est probablement cela qui empêche qu’il y ait une seule féministe sur le terrain asiatique et africain… et que cela continue abjectement en tout relativisme ! »
    « surtout que les groupies n’aiment pas qu’on égratigne leurs idoles à laquelle elles s’identifient- je ne vois que cette explication pour une telle serpillière (en plus, ingénieure en développement informatique, ce n’est pas technicienne de surface ;à), il ne nous reste plus qu’à sortir la balayette – merci d’avance pour la réponse circonstanciée et digne que tu vas y faire-
    je reste choquée par son petit profil de face entre barbie basanifiée et jackson qui lui reste sexxiste d’utiliser tous les poncifs des petites filles formatées à l’américaine et son petit doigt phallique dont le bout peint en bleu (couleur froide) n’éteint pas ma colère-
    comment peut-on arborer des symboles aussi virilistes qui signifient je vais te le mettre -traduction de menace de viol féminicide- »

    J’ai les captures d’écran sous la main au besoin… Je crois que ça se passe de commentaires.

    1. Hmm, c’est intéressant de voir comment on me décrit en regard caché – et éclairant (afroaméricaine francophone??? ROFL XD Puis j’aime bien l’envie de me ramener à une position -technicienne de surface- qu’elle me juge plus apte à occuper *Racisme sifflote*)…

      Ce qui m’énerve le plus, ce ne sont pas les attaques contre ma personne, c’est re-le coup de l’instrumentalisation de « petites filles excisées ».

      Elles en ont quelque chose à foutre elles? Elles savent qu’on ne veut pas d’elles sur ce terrain? Que la seule raison d’un « non-féminisme » africain est le rejet de par cette image occidentale du féminisme qu’elles amènent?

      Bref. Très éclairant (quand le racisme le plus cru est bien exposé, départi de son déguisement grotesque de féminismeTM).

  4. « Vous faites bondir mes amies noires » c’est magnifique.
    C’est la nana pas raciste parce qu’elle a une amie Noire qui veut t’apprendre comment être noire, parce que toi en fait, toi t’es raciste. Tu devrais l’encadrer ❤

  5. Je rajoute aussi que cette femme est classiste (au vu de cet ajout #3) : quel est le rapport entre des aptitudes rédactionnelles et en logique avec l’instruction?
    Ce qui est sûr, j’ai toujours su écrire et raisonner logiquement : ce n’est pas mon instruction scolaire qui m’a appris ça.

    Donc je vois pas trop le rapport avec des parallèles de classe, et ce paternalisme condescendant d’attendre moins d’une femme qui ne serait « que » technicienne de surface. De plus, ça signifie aussi qu’on est « technicienne de surface », parce qu’on est sans instruction? Le racisme structurel, l’handicap ou la transphobie ne joue pas du tout sur la possibilité de décrocher certains types de boulot ou pas?
    Tellement le niveau zéro de la réflexion, que je ris qu’un tel énergumène qualifie mon analyse de serpillière XD

    1. Sur le coup, j’ai pensé que ça m’était adressé par ce que je suis étudiante en ingénierie (business engineering).

      Racisme, ethnocentrisme, classisme, cissexisme, hétérosexisme… C’est le gang des winneuses. Je me contenterais de rire si elles ne prêchaient pas leurs idées publiquement.

      1. Ah du coup, ça t’est peut être adressée, sorry *Dans le club des ingénieures \o/* (J’avais vu un lien par rapport à ce que disait A.)…
        Oui, effectivement, c’est un bingo en folie : on remplirait les grilles de toutes les oppressions, et c’est bien malheureux que ça soit aussi diffusé :((

  6. Rho la la, j’hallucine…

    Tout y est : racisme, classisme, agisme, et même transphobie (à moins que j’aie mal compris l’explication de sexxisme et sexxiste)

    Des féministes comme ça, le féminisme s’en passe volontiers.

    Celle qui répond « c’est d’un racisme qui a fait peur à mes amies noires » est complètement stupide en plus, elle n’a rien compris au commentaire…

  7. S’il y avait eu, rien qu’une seule fois, un ministre (homme) qui soit noir de peau peut-être que les durs de la feuille s’attendriraient les bouchons des oreilles… (eh, oui, la diversité c’est quand le mâle cis blanc décide d’intégrer des femmes non-blanches dans le gouvernement. Il va pas intégrer d’autres mâles, faut pas dec’ quand même, la France à des racines et une tradition raciste à tenir.)
    Et les reprises de la vieille pub Banania, c’est sexxiste aussi?

  8. C’est purement une histoire de racisme. Je ne vois pas ce que le féminisme vient faire la dedans.
    Taubira est attaquée parce que noire. regardez le traitement de la ministre des affaires sociales (donc un truc de gauche, anti patron, typiquement le genre d’endroit où la droite tape fort): est-ce qu’on la traite de guenon?

  9. Bon.
    Je suis juste atterrée. Alors, soit, pour l’heure j’avais surtout lu des articles sur l’intersectionnallité écrits par des féministes noires causant du racisme, soit, c’était déjà suffisant pour me convaincre totalement qu’il ne pouvait exister de luttes féministes internationales et exemplaires sans l’intersectionnallité, pré-requis indispensable sur tous les points. Soit.
    Mais ce qui est bien avec celles-là, c’est qu’en les lisant je comprends encore plus clairement ce que vous dénoncez, vous toutes, les dignes proues du navire de tête.
    Coin-Coin-La-Riflette ne voit pas ce qu’il y a de minimisant à présenter une insulte raciste comme AVANT TOUT sexxiste? Sérieusement? Coin-Coin met en avant le côté sexxiste au détriment du côté raciste et elle ne VOIT PAS le problème? Est-ce qu’elle se relit?
    Pel-Pel-La-Riflette est à côté de la plaque à ce point qu’elle n’est pas capable de voir que, si, les luttes intersectionnelles traitent aussi du paternalisme? AH MAIS NON je sais, c’est parce que les luttes intersectionnelles traitent AVANT TOUT du racisme qu’elles « minimisent » la lutte contre le paternalisme, c’est ça? Mhhm oui. C’est ça. Oh. Wait…
    Elle n’a jamais vu un homme noir se faire traiter de guenon. Belle affaire. Moi non plus. Par contre, de singe… Ah bhah oui. Là beaucoup plus. Tout de suite, les détails… Toussa. >_<
    Boulet.

  10. Les commentaires que j’ai cités étaient bien sur Mrs Dreydful. A propos de l’article « Quand le féminisme radical est profondément raciste ».
    La personne qui a échangé des commentaires avec Po Lomami (celle qui dit donc que « guenon » serait d’abord une insulte sexxiste) est la même qui, auparavant, avait écrit ces commentaires insultants sur Mrs Dreydful (comme son nom n’est pas cité ici, je ne l’ai pas mis non plus, du coup mon commentaire n’était peut-être pas clair pour les personnes ne connaissant pas son identité).

    En fait cela faisait déjà plusieurs jours que j’avais gardé une trace de ces commentaires qui m’avaient laissée stupéfaite, mais je ne savais pas s’il fallait que je transmette à Mrs Dreydful ou non… C’est très agressif et insultant, mais en même temps… instructif. Après, quand j’ai lu l’échange avec Po Lomami, j’ai fait tout de suite le lien en reconnaissant le style d’écriture de cette personne…

  11. Je ne vais pas entrer par la grande porte dans ce débat -que j’ai suivi- car ce serait déplacé en tant qu’homme blanc hétéro cis…bien que conscient de ses privilèges.
    Cependant, je précise que je comprends et j’adhère aux propos de Po lomami et Ms Dreyful.

    « les femmes considérées comme n’étant plus assez jeunes sont aussi traitées de guenons et de sous-développées (j’avoue ne pas du tout être familière avec ces pratiques qui semblent évidentes pour d’autres, mon jeune âge doit y être pour quelque chose, je ne les nie pas par conséquent) »
    Moi qui ne suis plus de votre jeunesse, je confirme que le terme « guenon » est employé aussi dans ce sens-là mais ça, c’était surtout avant…et donc désuet maintenant. Il s’agissait de se moquer de femmes plutôt âgées car cela était lié aux rides quand elles sont très prononcées (les hommes étant exempt de cette même « moquerie »).

    Il est évident que ce terme à l’encontre de Madame Taubira est lié a minima au racisme et au sexisme puisque noire et femme.

    Bien sûr, selon le vécu, l’implication ou pas dans la Cause, la sensibilité, etc…de chacun-e, on serait tenter de mettre en avant l’une ou l’autre de ces discriminations en occultant complètement l’autre mais cela ne fait pas avancer la Cause; bien au contraire !

    Parce que la majorité des féministes en France ont monopolisé et monopolisent encore le mouvement en tant que blanches aux détriments des non-blanches, ces dernières ont dû réagir vivement et donc être radicales en s’inspirant par nécessité du Black feminism américains.

    Malheureusement, la « guerre des chapelles » in fine ne profitent qu’aux hommes…

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