Je suis un•e animal•e

Concept du coup de clavier ici.
(J’ai promis d’écrire plus largement sur ce propos (antispécisme, antiracimse, stratégie) avant la fin de septembre. Ça arrive.)

C’est un vieux texte qui dort depuis très longtemps et que je ne comptais plus sortir, écrit après une énième humiliation publique par animalisation et en parallèle au sentiment que m’évoque trop de « faits divers ». Il faut que je le lâche pour passer à autre chose, entrer dans une autre dynamique. Loin de vouloir occulter la condition animale qui nécessite analyse et mobilisation pour elle-même,  ce texte réagit à un rouleau compresseur constant.

Spéciale dédicace à tellement de personnes. Mais tellement. Des camarades de lutte aux beaufs violents des stades de foot, des camarades de classe aux intellectuel·le·s dans la négation, de monsieur et madame tout-le-monde des valeurs et la bien-pensance à notre génie Victor Hugo, des personnes adeptes du blackface à celles qui défendent l’art et le folklore colonial, du chauffeur de bus aux jeunes bourgeois éméchés, des féministes blanches qui prétendent connaître le racisme parce qu’elles sont femmes à celles qui disent que les femmes racisées divisent la leur lutte, des gardiens de la « paix » de mon ancienne cité aux passants qui se croient tout puissants, du prêcheur du dimanche à l’institutrice éclairée, des faux·sses subversif·ve·s qui ne font que reproduire les oppressions à ceulles qui pratiquent l’immobilisme en toute bonne conscience, des amnésiques des pratiques et héritage coloniaux à ceulles qui enterrent les dossiers et scandent la gloire, des flics qui étouffent aux gouvernements qui font de même en toute légitime défense… Enjoy, il y en a pour tout le monde.

 

TRIGGER WARNING pour les racisé·e·s.

mattahan - http://mattahan.deviantart.com/
mattahan – http://mattahan.deviantart.com/

Lis bien.

Je suis un·e animal·e.

Un·e animal·e domestique ici. Un·e animal·e de traite là-bas.

Je suis un·e animal·e. Je suis un·e animal·e sauvage et dangereux·se. Je suis à abattre par défaut. Je suis une cible à chasser par sécurité ou par gloire. Je suis un·e animal·e que tu remplaces à l’infini. Je suis un·e animal·e de cirque. Je suis un·e animal·e dompté·e. Je suis un·e animal·e sauvage maîtrisé·e par des dompteurs·trices qui suscitent admiration. Les coups de fouets me remettent à ma place. Je suis un·e animal·e que tu empailles et exposes dans tes musées. Je suis un·e animal·e qui tourne en rond dans tes zoos pour montrer à tou·te·s ma différence inférieure. J’ai été ta lucrative bête de foire. Je suis un·e animal·e dont tu t’appropries le labeur. Je suis un·e animal·e sur lequel tu t’assois.

Tu me coupes les mains.

Tu as inscrit mon corps dans la honte, la fantaisie, le fantasme, la bestialité, la machine. L’esclavage. Mes orifices sont le site de la vulgarité, du démon, de l’immoralité, de la zoophilie, d’une gésine malodorante. Mes prolongements sont des dangers, épidémies, poisons, tumeurs. Mes productions, reproductions et unions ne sont que régressions démontrées et prouvées dans tes laboratoires et amphithéâtres. J’ai haï mon corps, ma communauté, tous deux démembrés.

Je suis un·e animal·e dont tu t’appropries, monnaies et exploites les petit·e·s.

Je suis un·e animal·e que tu utilises pour vivre une nouvelle expérience humaine. Ma terre originelle est ton zoo, ton safari ou ton lieu de ressourcement spirituel. Tu viens y faire ton marché et lancer quelques cacahuètes. Mon espace est un objet d’étude, de prêche, d’exploitation. Ma peau te sert de tapis, de trophée, d’indice de luxe ou de bonne conscience. Je suis un·e animal·e à côté de qui tu aimes prendre des photos souvenirs dans ton cheminement touristique, humanitaire, évangélique pendant que tes avoirs et technologies sont discursivement lavées de mon sang.

Je suis un·e animal·e à qui tu jettes les restes. Je suis un·e animal·e que tu parques en surpopulation. Je suis un·e animal·e qui ressemble à tou·te·s les autres. Tu mets le feu à la forêt et ferme à clé le refuge des domestiqué·e·s que tu diriges. Je dois prouver que le feu ravage et que je suis docile, pour peut-être avoir l’autorisation d’entrer. Tu me regardes jouer ma vie dans tes parcours d’intégration.

Voilà l’arbre d’où je descends.

Je suis un·e animal·e domestique, né·e dans le panier. Je suis un·e animal·e apprivoisé·e. Je fais des tours pour tes applaudissements. J’ai appris ton langage pour comprendre tes ordres. Pour comprendre quoi faire pour obtenir une caresse. J’ai compris comment jouer avec toi selon tes règles. Je suis un singe qui fait la grimace pour te faire rire. J’ai bien appris la pensée unique. Je suis obéissant·e.

Je suis un·e animal·e éduqué·e. J’ai appris dans tes écoles à dire merci pour l’histoire, pour les larmes que verse ma mère certains soirs, pour les récits qui me donnent des cauchemars certaines nuits. J’ai toujours eu d’excellents bulletins. J’ai appris des fleurons de ta culture que je ne suis personne. Que je suis un·e animal·e. Que tu pouvais tout me prendre parce que Dieu te le donnait, qu’il m’offrait à toi. J’ai étudié que je n’avais pas d’histoire. J’ai appris à bien répéter les mercis pour les routes et Jésus. J’ai lu comment tu avais élevé en modèle la civilisation dans laquelle je suis née, alors que je savais par ailleurs que ton élévation tient au fait que je t’ai servi de marchepied après m’avoir mis·e à genoux. La transmission incontrôlable.

Je suis un·e animal·e qui a honte d’être un·e animal·e. Je suis un animal·e qui imite comme ille peut pour s’assimiler mais qui n’a pas de chambre dans la maison, juste un panier et une gamelle. Je suis un·e animal·e que tu humilies de mille et une façons, tout le temps. Tu t’es amusé·e à te déguiser, à m’imiter, à me diriger, à entrer en « contact ». J’ai fait le mur. Je les ai longés dans toutes leurs longueurs. Je suis un·e animal·e qui n’est pas rentré·e à l’heure dans son panier, qui n’a pas respecté le couvre-feu. Je suis un·e animal·e des rues, errant·e. Je suis rattrapé·e par ton autorité uniformisée et enfermé·e afin de me faire retrouver ma bonne conduite.

Je suis un·e animal·e trop bruyant·e. Je suis un·e singe·guenon dans l’hémicycle qui a appris ton langage, celui qui te sert à dominer. Qui finalement le maîtrise mieux que toi. Qui peut même t’apprendre des choses sur toi-même. Tu as peur que je devienne un·e animal·e sans maître·sse. Je suis un·e animal·e dont tu t’appropries toujours les petit·e·s. Tu leur retires tout ce que j’ai tenté de leur apporter. Tu les rabaisses et sous-estimes dans ta grande condescendance bienveillante.

Je suis un·e animal·e qui a la rage et que tu euthanasies encore et encore pour la sécurité des tiens ou pour mon propre bien, comme tu dis. Au choix. Mais je suis vite remplacé·e par un·e autre animal·e tout aussi encombrant·e. Je suis un·e animal·e que tu n’apprivoises plus. Je suis un·e animal·e qui ne veut pas de tes bananes. Je ne suis pas ton animal·e. Ton langage me décline en sauvageon·ne. Et tu as raison d’avoir peur. Je suis un·e animal·e qui appelle sa meute. Je suis un·e animal·e en chaleur qui reproduit ses pensées bestiales libératrices, inlassablement. Elles suintent de partout. C’est crade sur ton parquet de bois exotique rare.

Tu m’assignes à un état inférieur. Tu m’assignes à un état que tu as construit comme insultant. Tu m’assignes à un état auquel je ne peux pas m’identifier. Tu m’assignes à un état dont je veux m’échapper pour rejoindre le tien. Tu prétends me ‘réhabiliter’ à ton rang pour faire descendre la fièvre, le rang humain, mais je ne suis pour toi qu’une version animale de toi-même dans toutes tes expressions et intentions. Mon faciès ne ment pas. La réparation n’a pas de sens mais je ne peux pas comprendre. Tu préfères organiser des ‘rencontres’ inter.multi.culturelles où tu m’invites et m’attends dans mes plus beaux stéréotypes pour te faire frire des bananes Plantin et me déhancher sur la musique de ‘mon pays’, pour que tu puisses rentrer appaisé·e·s en pensant à tout le sens de l’accueil que je t’ai témoigné. Et parfois tu veux t’impliquer. L’appropriation culturelle est ta façon d’apprécier la diversité.

Tu me coupes la parole.

Je suis l’objet des morales et bien-pensances de ton antiracisme et ton antispécisme occidento/blanc-centré. Entre un antiracisme spéciste qui veut me faire rentrer dans ses rangs dignes en guise de ‘réhabilitation’ et un antispécisme raciste qui me dit que je suis bien à ma place, que ce n’est pas si mal, qui nie et occulte. Gardant pour toi le pouvoir de décider de ma personne pendant que je sers de marche-pied à ton émancipation. Ta gueule.

J’avais honte d’être un·e animal·e. Aujourd’hui, je déplore d’être domestiquée. Tu as décidé de la signification de mon corps, et de toute mon existence, mon histoire, pensant aussi définitivement décider de ma conscience. Je ne cherche plus à atteindre ton rang dans la hiérarchie que tu as construite en ta faveur, pour ton privilège, pour ta domination. Je cherche à regagner l’état sauvage, l’état où tu n’as pas de pouvoir. J’aspire à une expression qui ne t’appartient pas, à une expression bestiale parce qu’elle t’échappe.

Ta supériorité ne tient qu’à mon infériorité. Sans ça, tu n’es rien. Attends, je reprends pour être sûr·e que le message passe. Si je défais ta logique, je construis ma puissance. Toi, tu n’as bâti la tienne que sur la propre construction de mon infériorité. Tu n’es rien. Et peu importe ce à quoi tu m’assignes, tu ne pourras jamais éteindre définitivement, durablement, irrévocablement le pouvoir qui m’habite. Tu m’assignes à un état dans lequel je ne pourrais trouver les clés de ton empire. Tu m’assignes à un état qui devrait renforcer ton pouvoir. Mais seulement voilà,  il n’existe d’état, de condition, depuis lequel je ne puisse défaire ta logique. Tu es foutu·e.

Tu voulais que je ne sois ‘qu’un·e animal·e’. Tu l’as martelé encore et encore. Cela pourrait bien être le cas. Tu ne m’as donné d’autres choix que la domesticité, la cage ou l’euthanasie, émotionnellement, institutionnellement, académiquement, épidémiquement, économiquement, politiquement, spirituellement. Tu as effacé toute trace de mes réalisations, je ne fais pas partie de l’histoire. Tu m’as fait croire que je ne pourrais avoir rien d’autre que ce que tu me proposais. Je me suis laissée apprivoisée et domestiquée de peur d’être euthanasié·e. J’ai eu peur que soit diagnostiquée la rage par la fièvre qui ne cesse de croître. Ton empire est partout. Je peinais à me décoloniser. Mais j’ai compris que, même là, tu essayais de me construire une fausse décolonisation. Un panier un peu plus joli. Je n’en veux pas. La vérité est que je ne veux pas de ton ‘humanité’. Celle que tu me présentes comme objectif ultime, cet objectif que des générations ont embrassé et intégré dans une mouvement de survie minimisé par ton négationnisme, ce même objectif que tu utilises comme preuve de mon spécisme. Dans tous les cas, tout concourt à la gloire de ta supériorité.

Je suis un·e animal·e  qui a une très bonne mémoire. Et pourtant je ne me rappelle pas le moment la déshumanisation car je ne me rappelle pas celui de l’humanisation pour commencer. Il y a juste eu des rappels. Des rappels de ce que je ne suis pas, de ce que je n’ai pas. Je n’ai rien oublié. Ton spécisme a servi ta logique raciste, coloniale et impérialiste. Cette logique plus consciente que tu veux le faire croire et dans laquelle tu ne peux pas être antispéciste sans être raciste. Celle dans laquelle tu ne peux comparer à l’animal qu’à celui·celle qui en est déjà un·e. Celle dans laquelle tu baignes, celle dont dépend ton confort. Celle dans laquelle j’ai grandi·e. Celle dans laquelle tu as bâti ton mérite. Celle qui fait que tu es ‘humain·e’ telle que tu as construit cette notion. Une logique dans laquelle toute résistance fait de moi une pauvre/sale spéciste, « arriérée ». Une logique dans laquelle toute acception m’oblige à subir sans l’ouvrir. Tu m’obliges à choisir entre antispécisme et survie, physique et psychologique. Écraser l’animal pour tenter d’atteindre ton rang humain, entrer dans la logique spéciste pour échapper aux violences racistes les plus primaires, ainsi se dessine les plans de ta maison. Hiérarchiser parmi les mien·ne·s et par la sorte inévitablement reproduire cette logique génocidaire. Ainsi une des innombrables façons dont se referme le piège bien tissé pour que je perde dans tous les cas et que cela me soit communiqué par ta bouche, par ta main, au bénéfice de la logique suprématiste qui te sert. Toi qui poursuis ainsi la grande œuvre civilisatrice, la grande pensée humaine. Ne pas pouvoir échapper au rang d’infériorité. Conforter ton pouvoir de décision et de définition. Mon antispécisme et mon antiracisme ne peuvent coexister dans ta demeure car elle colonise mon esprit. Je ne peux pas démonter la maison du·de la maître·sse avec les outils qu’ille a conçu contre moi.  Je te laisse avec tes jouets, tes armes, tes principes. Je vais voir ailleurs pour revenir plus exotique. Wait for it.

Je suis un·e animal·e domestique qui aspire à (re)devenir sauvage. Je ne mange plus dans la main du·de la maître·sse. Il est temps qu’ille ferme sa gueule humaine, blanche de toute noirceur, civilisée de toute bestialité. Il est temps de le·la faire courir. Ça tombe bien. Je suis un·e animal·e qui court vite. J’ai eu vingt-cinq ans pour explorer les parcours de la propriété qu’est ta culture, ton hégémonie. Je m’éduque en-dehors du petit panier que tu m’as assigné. Je fréquente les occupant·e·s des égouts. Je m’inviterai dans chacune de tes cachettes, de la cabane au palais. En déconstruction. Je peux sentir les traces de ta condescendance savioriste à des kilomètres. Je peux entendre perler la sueur de ta panique.

Défaire le maître, défaire le colon, défaire l’explorateur. Défaite. Un safari d’un autre genre. Une meute qui se précipite en émeutes dans la nuit qui me ressemble, des sauvages qui ravagent ton prodige civilisationnel, des animaux·les qui pissent sur tes piédestals d’où tu oses encore discourir de la solidarité et la fraternité. De la sororité. De la dignité humaine. Je ne donne plus la patte. Ma face, ma peau ont toujours été délits ou subalternes dans ton espace que tu nommes public. Balance les gaz impérialistes qui polluent tout en moi, l’écran de fumée ne peut être que temporaire. Diffuse les balles de la dissuasion, j’apprendrai la douleur et la résistance. Ressors les chaînes que l’on croit d’antan, tu ne feras que réveiller ma mémoire et ma conscience. Et si je ne suis pas au milieu du tourment, je serai spectateur·trice de ta grande proposition. Je maîtriserai tous les langages, toutes les expressions, ceux qui sont enfouis, ceux qui ont été endormis, pour te défaire.

Est-ce compréhensible cette fois ? Mes piaillement, feulements, cacabements, beuglements, jappements, jacassements, grouinements, craillements, rugissements et autres cris bestiaux incompréhensibles, incivilisés, irrespectueux et irrespectables, sont-ils audibles ou faut-il que je vienne te les murmurer davantage à l’oreille ?  Tu veux t’approcher ? Je suis un·e sauvage. Je suis en colère. Je suis agressif·ve. J’en ai plus rien à mouiller de tes larmes et de tes feelings du haut de ta suprématie flamboyante et subtile, douce et acide. Tes opinions blessées, tes considérations miséreuses. Et ce n’est pas bon pour ton confort et toi. Non mec·mef·meuf. Les spécimens sont là mais ton exposition coloniale ne tient plus.

Je suis un·e animal·e conscient·e. Et toi tu reviens avec ton discours d’amour et de paix. Tu viens me parler de théories inadaptées. Tu viens comparer nos vécus et faire valoir ton recul et ton objectivité. Tu viens m’expliquer ma place. Quelle inconscience. Tu n’as rien appris.

Cours. Mon échauffement est terminé.

(Je ne te boufferai pas, je vire vegan. Je ne m’avance pas pour les autres.)

….

« If you are silent about your pain, they’ll kill you and say you enjoyed it. » – Zora Neal Hurtson

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10 réflexions sur “Je suis un•e animal•e”

  1. Je me dis que ce texte ne devrait souffrir d’aucun commentaire, alors je culpabilise d’ouvrir le premier, mais j’avais envie, en tant qu’homme, blanc, hétéro, cis-genre, donc difficilement plus éloigné d’un tel témoignage et en même temps plus proche de l’origine des maux décris, que je trouve ce texte absolument magnifique. Il me prends aux tripes, et quand bien même je suis végane, féministe et antiraciste (autant que je m’y emploie, on se déconstruit toute sa vie je crois) et d’autres luttes encore, je ne pourrais jamais qu’à peine imaginer toute la portée symbolique qui saigne de ces mots. C’en est effrayant de légitimité.
    Merci de ne pas l’avoir laissé sous clef.

  2. Bonjour,
    ce texte m’a beucoup touchée et j’aimerai le diffuser sous forme de mini brochure, en entier, avec l’adresse de cette page et votre nom et comment vous vous auto-définissez.
    J’ai très envie de le diffuser parce que j’y ai repensée suite à la lecture d’un fanzine antispéciste écrit par un mec cis blanc hétéro où il y a eu un texte qui m’a pas fait du bien où il y a une comparaison poétisée entre la domination d’un homme sur un chien, et d’un homme sur une femme.
    Il serai présent dans un infokiosque prix-libre sur les thèmes queer antispéciste féministe anti-psy, qui sera présent sur des évènements féministes en non-mixitée MGT ou TPG, dans une bibliothèque féministe autogéré, lors de cantines Vegan et sur des tekos.
    voilà c’était pour savoir si j’avais votre autorisation d’impression.
    merci encore pour ce texte et ce blog.
    Jo

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