On sait et c’est très bien

Principe du coup de clavier ICI
Réaction originale postée sur facebook le soir du samedi 14 mars et développée ici. C’est craché, pas léché.
AJOUT : pétition à la fin du texte

Ce qui est génial avec la culture belge du blackface, que ce soit pour des « performances artistiques », Père Fouettard, les Noirauds…, c’est que c’est vraiment en toute décomplexion. On sait d’où ça vient et c’est très bien.

Pour les Noirauds par exemple, qui étaient dans le centre de Bruxelles ce samedi 14 mars après-midi, sur leur site (http://www.berceaux-wiegjesppaola.be/historique.html) :

« Le costume : haut de forme blanc, habit noir, pantalons bouffants de couleur vive, chaînes et breloques clinquantes et visage noirci, est certes spectaculaire, mais il a pour but de se faire remarquer dans la bonne humeur pour remplir les troncs en forme de poupée noire Ce costume a une histoire : lors de notre création en 1876, nous sommes en pleine période de découverte de l’Afrique et c’est ainsi que l’imagination populaire se représente les notables africains. »

On est donc pas dans une ignorance totale, même s’il est possible de développer beaucoup, beaucoup beaucoup, plus.

Ils en disent moins, et d’une drôle de façon, dans cette interview sur Télébruxelles, je vous laisse apprécier :

Faire le bien pour l’amour du bien, en tout colonialisme. Oh, et pour être anonyme, soyons noirs. Il y a quelque chose de très vrai là-dedans d’ailleurs (feel the irony inside). Bref, c’est pas raciste, c’est sympathique. On peut parcourir l’histoire et retrouver ce discours sur le bien pour le peuple, le pauvre, le prolétaire européen par l’exploitation de l’Afrique sous toutes, TOUTES, ses formes. On peut par exemple penser au discours sur l’Afrique de Victor Hugo, un autre génie :

« Versez votre trop-plein dans cette Afrique, et du même coup résolvez vos questions sociales, changez vos prolétaires en propriétaires. »

Mais on ne peut pas trop critiquer parce que cela fait partie du prestige des oeuvres royales pour le peuple. En effet, en 1959, la Princesse (à l’époque) Paola devient la Présidente d’Honneur de cette association qui prendra le nom de « Œuvre Royale des Berceaux Princesse Paola-Conservatoire Africain ». Oui vous lisez bien, alors qu’aucune activité n’est liée à l’Afrique si ce n’est le déguisement et les stéréotypes étant donné que l’initiative a pour mission d’ « aider la petite enfance malheureuse » dans le Royaume. Le prince (à l’époque) Philippe et le Pince Laurent ont également été Noirauds. La charité, notamment chrétienne, encore plus quand elle a un caractère royal, et les pratiques et héritage coloniaux, ont une très vieille histoire. En Belgique il y a un mindfuck tel qu’il n’est ni rare ni étonnant d’entendre ou lire des blanc·he·s belges parler de fraternalisme au lieu de colonialisme quand il s’agit d’évoquer l’histoire congo-belge. Dans ce pays où on pouvait trouver des mains en chocolat dans les pâtisseries quand j’étais toute petite, en référence aux mains coupées sous la terreur du roi Léopold II. (Je ne sais pas si ça se fait encore car j’ai arrêté de chercher et lister les traditions coloniales belges. Ce n’est pas bon pour le moral.) D’ailleurs, à 8 ans, dans mon école catholique montoise, j’ai dû apprendre qu’il fallait le remercier d’avoir donné le Congo à la Belgique, cet homme si généreux et civilisé. La «  » »découverte » » » (parce que si ce n’est pas connu des blancs colonisateurs, ça n’existe pas, ça n’a pas d’histoire) qui a carritativement apporté entre 6 et 10 millions de morts d’après les historien·ne·s.

L’esprit colon est toujours bien vivant et même s’il est profondément ancré et camouflé dans la culture belge, il lui arrive parfois de ne pas se cacher et même de se vanter vu qu’en 2015 des responsables politiques parlent encore de saisir l’Afrique, exposant leur impossibilité de concevoir que l’Afrique puisse appartenir aux Africain·e·s. Oh, ça me rappel quelque chose :

« Refaire une Afrique nouvelle, rendre la vieille Afrique maniable à la civilisation, tel est le problème. L’Europe le résoudra. Allez, Peuples! emparez-vous de cette terre. Prenez-la. À qui? à personne. Prenez cette terre à Dieu. Dieu donne la terre aux hommes, Dieu offre l’Afrique à l’Europe. Prenez-la. »

Encore ce bon vieux Victor Hugo, sorry. L’éducation. (Notez que les Africains ne sont pas des hommes, c’est plus proche de la terre.)

L’histoire coloniale belge, un prestige et des fables qui s’érigent en monuments, musées et discours flamboyants.

Reconnaissance colonisation exclavage colonial Léopold II

Parce que la fierté est sensible, pointer la violence de celle-ci est inadmissible. Le faire réveille d’ailleurs des injonctions à l’intégration, des accusations d’ingratitude, et des invitations à quitter le pays pour « rentrer chez soi ». Des choses qui sont d’autant plus wtf quand elles sont adressées à des congo-descendant·e·s belges né·e·s en Belgique. L’esprit colon et civilisateur est si fort que des remerciements sont encore attendus de nous, car nous ne pouvons pas être réellement belges et donc réellement capables. Nous devons tout aimer, même aimer qu’on se foute de notre gueule, considère notre peau et notre héritage ainsi que leurs considérations coloniales comme un déguisement. Nous devons tout aimer. C’est pour le bien du peuple.

Questionner la tradition des Noirauds semblent encore plus inadmissible que les tentatives déployées au sujet du Père Fouettard car elle a un caractère caritatif et royal. Pour rappel, aucune poursuite n’est considérée comme légitime par les institutions en ce qui concerne Père Fouettard. Ma mère fait partie des personnes qui ont pris contact avec le Centre Interfédéral pour l’Égalité des Chances/Centre Fédéral Migration, elle l’a fait il y a environ 5 ans ou plus (elle avait également interpellé la direction de mon école des années auparavant, en vain). Comme à d’autres, on lui avait dit que le Centre était conscient de la question mais que c’était compliqué parce que c’est culturel, minimisant la porté de telles pratiques. C’est du racisme primaire. Mais c’est compliqué, c’est culturel. En octobre 2014, le Centre a publié sa position sur la question (http://www.diversite.be/pere-fouettard-la-position-du-centre). On peut y lire :

« La réponse est que dans la figure de Saint-Nicolas et du Père Fouettard (figure stéréotypée ou pas) il ne peut être question d’une forme punissable de racisme ou d’une forme légalement prohibée de discrimination raciale. »

En effet, la loi belge contre le racisme du 30 juillet 1981 exige qu’il y ait une « intention spécifique ». A comprendre qu’une discrimination au travail pour cause de racisme est comporte une intention spécifique et peut donc faire l’objet d’une plainte sur base de la loi contre le racisme, mais les pratiques et tradition culturelles, folkloriques coloniales qui stigmatise toute une population et fait référence aux violences culturelles et matérielles du colonialisme et du racisme par la Belgique n’est pas répréhensible. La fête de Saint-Nicolas est sauvée, tant mieux, c’est pour le bien du peuple. Il y a dans ce pays, comme dans d’autres, cet acharnement général à vouloir maintenir un confort et nier la violence sur laquelle il se construit, à se terrer et se boucher les oreilles face à toute tentative de développement d’un traçage historique et culturel, mais également à entretenir une sorte de pseudo-amnésie organisée qu’on remarque dès l’indépendance de la RDC. D’ailleurs le sort des archives coloniales belges fait régulièrement et à raison l’objet de vive inquiétudes et résistances (http://www.rfi.fr/hebdo/20141205-belgique-archives-coloniales-chercheurs-petittion-lettre-ouverte-charles-michel/). Les stéréotypes se perpétuent, et cela commence dès le plus jeune âge. On a voulu m’expliquer que ce n’est pas discriminant alors qu’il est quand même reconnu que la figure de Père Fouettard représente :

« un homme noir bête, inférieur ou dangereux – caractéristiques par lesquelles les stéréotypes volontaires ou pas sur les personnes noires se perpétuent »

Ce positionnement et les possibilités acceptées par cette loi montre bien que ce qui est relatif à la mémoire, au symbolique, à la tradition… ne peut faire l’objet d’une justice, ni même d’une reconnaissance. Que de la surface, rien de trop deep.

Comme d’habitude, je ne m’attends pas à ce que les gens percutent. Il y a une telle gymnastique psychologique qui se met automatiquement en place pour conserver tout confort et ne pas se sentir mal. Je connais la chanson : c’est attaquer notre histoire, notre culture, notre folklore, c’est dangereux pour le vivre-ensemble (LOL), c’est raciste ce que je dis (celle-là c’est ma préférée). Il y a ceux et celles qui diront qu’il n’y a pas besoin de faire appel au passé, qu’il ne faut plus y penser tout en refusant farouchement tout aménagement de la tradition, parce que c’est notre passé. Chercher la cohérence.

Well, I’m done, I did my shit. J’ai contribué à un « meilleur vivre-ensemble » pour ce pays gratuitement pendant plusieurs années, j’ai fait bien plus que ma part. J’ai tellement de jokers en main.

Voilà tout ce que cela m’inspire. C’est tout un climat. C’est toute une tradition.

Pour en revenir au sujet de départ, en photos les Noirauds avec en guest Didier Reynders, Vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères et européennes, chargé de Beliris et des Institutions culturelles fédérales, le 14 mars dans le centre de Bruxelles donc. Perpétuer la tradition. Pour le bien du peuple. Blanc du coup. (Photos publiées sur sa page facebook publique)

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Narmol. #‎PoséTuVois‬

(Vous noterez l’absurdité de la situation quand on appartient à un gouvernement dont le programme n’a pas vraiment pour but de faire baisser la précarité. Mais bon, ce « déguiser en Noir » pour la charité envers « la petite enfance malheureuse du royaume », c’est trop badass.)

Étant donné que j’ai déjà perdu suffisamment de temps pour écrire ce coup de gueule alors que je suis en plein déménagement, et qu’il y a une manif contre les violences policières cet après-midi, je vous laisse chercher comme des grand·e·s l’histoire et signification du blackface etc. Je vous ai déjà trop donné alors que google a tant à vous offrir. (Ah, ces gens nous prennent vraiment tout. Merci.). Si des questions de vocabulaire vous pèsent (blanc, noir etc.), de la lecture ICI et ICI.

Et cette très courte mise au point de Ms Dreydful qu’il est toujours bien de rappeler : « Les gens et le racisme, un problème d’ego».  Un rappel pour que les gens arrêtent de parler de leur personne pour justifier un acte raciste. On s’en fous de qui vous êtes, ce qui préoccupe c’est ce que vous faîtes.

Je pose quand même ceci pour un début de réflexion. Il s’agit du débat sur le blackface qui s’est tenu au Parlement Européen le 16 décembre 2014. (Désolée, c’est en grande partie en anglais vu qu’il n’y a pas grand chose qui se passe chez nous, en français. La ministre italienne Cécile Kyenge s’exprime en français.)

« Indeed, this debate will not only focus on the Netherlands, but also more widely on the representation of Black people in France, Belgium, Germany, Sweden and other countries. This is not about pinpointing one particular country, but taking the case of ‘Zwarte Piet’ to have a deeper discussion on the existence of Afrophobia in Europe and how the role of the European Parliament could contribute to challenging this form of racism. In addition, equality and non-discrimination are EU competences and it is therefore perfectly justified to hold a discussion on Afrophobia in the only democratically elected institution of the European Union.

ENAR Vice-Chair Momodou Malcolm Jallow said: “On 10 December, the UN Decade on People of African Descent was officially launched. Yet in Europe we can’t face the reality of racial discrimination. I strongly condemn the racist attacks and unconstructive and slanderous reactions the organisers behind the event are subjected to. This clearly highlights the challenges ahead of us in our efforts to recognise, promote and protect the rights of people of African descent and Black Europeans.” »

http://stopblackface.com/video-debate-on-afrophobia-and-zwarte-pietblack-pete-in-the-european-parliament/

Il y a également ce site à consulter : http://stopblackface.com

War.

***

AJOUT

Extrait d’un article de la Libre Belgique le 18 mars 2015, au sujet d’une séquence sur cet après-midi des Noirauds dans le centre de Bruxelles dans l’émission Télématin sur France 2.

 » « D’autres parrains prestigieux nous aident , commente Me Buyle. Ainsi Johnny Hallyday et Francis Cabrel ont-ils offert à notre association le cachet de concerts qu’ils ont donnés en Belgique. »

Quoi qu’il en soit, ceux qui regarderont le reportage de France 2 entendront M. Reynders se réjouir de faire partie d’un groupement alliant folklore et philanthropie. Quand on lui demande si, au fil de ces années, personne n’a fait aux « Noirauds » le reproche d’être racistes et de se moquer des Noirs, Me Buyle est formel : « Jamais. Certains dîneurs ont pu ne pas apprécier notre présence quelque peu envahissante mais nous n’avons jamais été taxés de racistes. Ce que nous ne sommes évidemment pas. » « 

Est-ce qu’on vit dans le même pays ???

Même la presse belge francophone ne veut pas qu’on y touche, certains prennent d’ailleurs très mal le regard qu’on peut porter sur cette tradition.  (https://twitter.com/beaudonnet/status/578283897777184768/photo/1)

Noirauds télématin twitter


 PETITION ICI


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7 réflexions sur “On sait et c’est très bien”

  1. A reblogué ceci sur Caroline Huenset a ajouté:
    « On s’occupe bien des enfants en Belgique hein! C’est des enfants de chez nous! »…. … n’allez surtout pas penser que c’est une oeuvre philanthropique vis-à-vis des enfants africains ou d’origine africaine mes braves con-citoyens! … la gerbe!

  2. Je suis Noiraud et mon amie, une maman africaine, a collecté à plusieurs reprises en Noiraud. Elle ne voit pas de racisme ni de colonialisme à notre action et cela ne la dérange pas qu’un  » papa » blanc comme moi se déguise en Noiraud. J’ai dit à ma secrétaire, africaine elle aussi, qu’au vu des réactions comme la vôtre qu’on trouve sur le net, j’étais un raciste et un colonialiste. Personnellement elle ne trouve pas.
    Affirmer, comme vous le faites, qu’on est raciste et colonialiste ne constitue pas une preuve de racisme et de colonialisme. C’est un peu court et totalement insuffisant. Il faut démontrer en quoi nous serions racistes et colonialistes, mais il faudrait au préalable définir ces deux notions. Le racisme est une idéologie qui considère qu’une race est supérieure à une autre ou qu’il vaut mieux que les races ne se mélangent et dont les partisans ressentent de la haine vis-à-vis des autres. Le colonialisme est une idéologie ou doctrine politique qui prône l’extension de la souveraineté d’un état sur des territoires se trouvant en dehors de ses frontières. Rien de tout cela dans notre action et, au demeurant si j’étais raciste, je ne formerais pas un couple mixte avec mon amie. Par ailleurs, en vous lisant, je ressens de la haine de votre part vis-à-vis du blanc.
    PS. Vous êtes tellement excitée que me viennent à l’esprit ces deux maximes  » L’excès nuit en tout  » et  » Le bien ne fait pas de bruit, le bruit ne fait pas de bien »

    1. Prouver que le blackface est raciste… Really ?

      Ce qui est insuffisant, ce n’est pas ce texte qui est un simple coup de gueule comme précisé, et non une thèse de doctorat, mais votre connaissance de l’histoire coloniale de ce pays ainsi que le poids de son héritage et les attitudes qui perdurent. Soit vous envisagez de vivre avec nous en 2015 et vous vous renseignez grâce aux bibliothèques, aux documentaires, aux recherches publiées, aux archives, interventions filmées en colloques, assemblées etc. et même Google tiens, en français (moins nombreux), en anglais, en néerlandais etc. pour avoir vos « preuves » comme la simple parole de noir•e•s n’a pas d’intérêt, tout ça existe déjà monsieur, soit vous arrêtez de prétendre vous intéresser de quelconque façon que ce soit. Vous pouvez tenter de vous décentrer et réfléchir en quoi votre pratique de vous grimer et vous déguiser en noir ne serait PAS raciste et même bénéfique pour voir, qu’on rigole un peu. Vous pouvez vous renseigner sur l’histoire du blackface, sur le poids et les conséquences des représentations racistes, sur la perpétuations des stéréotypes dès les plus jeune âge etc. On peut perpétuer le racisme sans pendre un noir à un arbre ou lui couper les mains. Le racisme c’est culturel et matériel. Do your homework, d’ailleurs c’est ce que je vous appelle à faire dans ce texte. Je ne peux pas lire à votre place, et je ferai pas la recherche à votre place non plus.

      Personnellement, je ne me soucie de qui vous êtes, ce n’est pas mon problème. Mon problème c’est ce que vous faîtes. Vous pouvez vous donner toute la bonne conscience que vous voulez, vous posez des actes qui s’inscrivent dans une histoire et un système de pouvoir. Et bravo pour être la énième personne de la journée à nous sortir la carte de « l’ami noir ».

      C’est assez tragique de constater qu’en 2015 les œillères soient toujours autant défendues en Belgique alors que la difficile discussion sur le blackface et ses implications racistes, voire de culture coloniale, a été lancée en Suisse, aux Pays-Bas (https://www.youtube.com/watch?v=FfDCth_9xQE#t=328 , http://stopblackface.com/ etc.), aux Etats-Unis, au Parlement Européen… Mais la Belgique se croit sainte et immunisée contre toutes considérations et répercussions négatives sur ces sympathiques traditions. Quand aux Pays-Bas une discussion existe sur l’adaptation du folklore pour qu’il ne perpétue plus des stéréotypes et discriminations, en Belgique ont préfère dire que critiquer c’est être haineux.

      Et je peux d’ailleurs reprendre votre citation pour vous-même, faîtes le bien sans bruit, sans l’accoutrement censé représenter le noir pour essayer, cela vous semble si inconcevable. J’ai la haine des attitudes qui perpétuent les stéréotypes et pratiques racistes et l’imaginaire colonial après 25 ans. Et il y a de quoi.

      Vous pensez vraiment qu’une si vieille représentation issue de l’imaginaire colonial ne présenterait aucun problème en 2015 ?

      Bref, Google est votre ami, pas moi. Bonne lecture.

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